Brexit, et maintenant ?


La menace du Brexit est devenue réalité, puisque le peuple britannique a voté à 51,9% pour la sortie de l’UE. Un vote historique car il s’agit du premier pays qui décide de se séparer de l’Europe. Les conséquences sont encore floues, mais partout et dans tous les secteurs, à moins de 24 heures des résultats, les choses évoluent, tant au niveau politique qu’économique

Les conséquences politiques

L’Europe des 28 c’est terminé. La Grande-Bretagne va sortir. Le premier Ministre David Cameron, qui était favorable au maintien, vient d’annoncer sa démission : « Je ferai mon possible pour stabiliser le vaisseau mais je ne serai pas le capitaine qui l’emmènera vers sa prochaine destination  » a-t-il déclaré. C’est le triomphe des eurosceptiques, partout en Europe qui se félicitent de ce choix populaire. Pour le premier partisan de la sortie de l’UE britannique : « l’aube se lève pour le Royaume Uni indépendant ».

Du côté des Européens, c’est la consternation comme le souligne le site Politique 365. Un conseil des ministres des affaires étrangères européens va avoir lieu dans les prochaines heures. En France, François Hollande devrait s’exprimer en fin de matinée après un conseil des ministres extraordinaire. Angela Merken devrait en faire de même. Nul doute que c’est une belle opportunité pour les nationalistes et autonomistes de tous les pays de s’appuyer sur le choix des Britanniques pour relancer des thèmes de défiance vis-à-vis de l’Europe.

Vent de panique sur les marchés

L’annonce des résultats a eu pour conséquences le dévissement de nombreuses places boursières dès leur ouverture ce vendredi. C’est logique car les marchés n’aiment pas l’instabilité, ni l’incertitude. Londres perd plus de 7 %, comme la bourse de Paris. Certaines valeurs ont perdu plus de 30 %. Quant à la livre sterling, elle est au plus bas depuis 1985. Un vent de panique qui devrait s’accentuer pendant les prochains jours, en attendant une stabilisation avec les mesures qui devraient rapidement être prises.

Économie toujours, la question des investissements des entreprises étrangères sur le territoire britannique devrait tout autant devenir centrale. Si Eurotunnel déclare que cela ne changera rien, il n’en est pas de même pour EDF ou PSA qui ont déjà annoncé que les tarifs et autres marchés devraient se voir modifier à l’avenir.

Comment ce retrait va-t-il s’organiser ?

Bien évidemment, ce n’est pas du jour au lendemain que l’on va détricoter les nombreux accords et traités entre l’UE et la Grande-Bretagne. C’est un long mécanisme qui va se mettre en place, et qui peut durer jusqu’à 2 ans. Une notification officielle doit dans un premier temps être faite à l’ensemble des pays membres conformément aux dispositions de l’Article 50 du traité de Lisbonne. Si aucune obligation temporelle ne pèse sur Cameron, on peut toutefois imaginer que cette annonce pourra avoir lieu lors du prochain Conseil européen qui doit se tenir à partir du 27 juin.

Puis viendra le temps de négocier les modalités de retrait des traités, en même temps que de nouveaux accords de coopération qui seront probablement signés. Suivant le traité de Lisbonne, « Les traités cessent d’être applicables à l’État concerné à partir de la date d’entrée en vigueur de l’accord de retrait ou à défaut, deux ans après la notification ». Ce qui laisse le temps de se réorganiser, et qui peut prendre des années. Cela dépendra du prochain premier ministre britannique, et des parlementaires qui sont, on le rappelle, majoritairement opposés au Brexit, et qui peuvent bloquer ou ralentir le processus.

Au final, ce retrait peut durer des années. Quant à la place de la Grande-Bretagne vis-à-vis de l’Europe, elle pourra être semblable à celle de la Suisse liée par une série d’accords bilatéraux, ou alors comme la Norvège ou le Liechtenstein qui sont membres de l’Espace économique européen. Une chose reste certaine, c’est que c’est un vote historique qui aura des conséquences politiques et économiques importantes partout en Europe.